Sylvain Marcel raconte son passé de toxicomane

Il se souvient d'une rechute où il était « quinze heures sur la dérape accotée »

Publié le par Monde de Stars dans Potins

Bien qu'il ait joué plusieurs rôles importants autant dans des séries que des films, notamment dans 19-2, Mensonges et Bon Cop, Bad Cop, on associe tout de même Sylvain Marcel aux publicités « Ha, ha! Familiprix » après toutes ces années. 

Le comédien remplira un tout nouveau rôle, soit celui de porte-parole pour le Centre de traitement des dépendances Le Rucher, à Saint-Augustin-de-Desmaures. Sobre depuis 9 ans, Sylvain Marcel s'est ouvert sur son passé d'alcoolique et de toxicomane, même si, au départ, il a hésité à accepter l'offre : « Sur le coup, ça m'a secoué. J'ai senti le poids de la responsabilité », dit-il. En effet, le comédien n'était pas certain d'être prêt à associer son visage aux dépendances, à devoir raconter son vécu sans tabou : « À un moment donné, on se dit : ''Faut faire attention, il ne faut pas trop en parler. Ça pourrait nuire à mon travail''. Mais pourquoi ça nuirait à mon travail? Je veux dire, ma vie va bien, pourquoi je ne pourrais pas, justement, aider d'autres personnes? ». 

C'est donc il y a deux semaines qu'il s'est rendu au Rucher afin de raconter son parcours aux résidents et d'y rencontrer les intervenants. L'organisme communautaire offre un programme thérapeutique avec hébergement d'une durée minimale de six mois. Selon Sylvain Marcel, c'est son désir de montrer que la dépendance n'est pas synonyme de pauvreté ou de déchéance qui l'a poussé à s'ouvrir : « C'est une maladie qui n'a pas de classe sociale », explique-t-il. 

 

Il y a un peu plus de 9 ans, au même moment où le comédien accumulait les contrats à la télévision et au cinéma, ce dernier souffrait d'une dépendance à l'alcool et aux drogues dures, lesquelles il ne souhaite pas préciser : « Je faisais beaucoup de tort autour de moi, mais j'étais incapable de me dire : ''ok là, c'est la dernière fois''. [...] Ça m'a nuit dans mon travail, j'étais en survie tous les jours. Parfois, je me levais à 5h du matin et je me disais : ''je passerai pas à travers, je passerai pas à travers'' », raconte-t-il. Sa consommation l'a conduit un total de 6 fois à l'hôpital, dont deux fois pour le coeur et trois fois pour des amygdalites aiguës. Il ajoute : « La gorge était en train de me fermer ». 

Les idées suicidaires venaient de paire avec sa dépendance : « À un moment donné, tu te dis : ''Je suis un lâche, je suis pas capable, j'ai pas de volonté''. Mais ça n'a rien à voir avec la volonté, tu es incapable d'arrêter ». Une fois où il en avait assez, il a contacté son ancienne agente, qui était au courant de ses dépendances. Elle lui a proposé d'entrer à la Maison Jean Lapointe le dimanche. C'était un jeudi. Sylvain Marcel lui a donc répondu : « Non, c'est là, là, là. Sinon je vais repartir. Je vais mourir ». Il s'est donc rendu dans un autre centre de thérapie le jour même pour une cure fermée de 28 jours. Sa sobriété a duré 6 mois. Puis, comme c'est le cas pour beaucoup de dépendants, il a fait une rechute : quinze heures sur la « dérape accotée ». Ce sera la dernière fois de sa vie qu'il consommera. 

Aujourd'hui, Sylvain Marcel ne consomme pas une seule goutte d'alcool, même lors des 5 à 7 et des célébrations de toutes sortes. D'ailleurs, il se sent utile puisque c'est lui, le conducteur désigné. Il prend d'ailleurs son rôle de porte-parole du Rucher très à coeur : « C'est important de redonner. En tous cas, moi, ça m'aide ». 

 

Source: Le Soleil · Crédit Photo: Facebook Sylvain Marcel