Un autre scandale sexuel sur le point d'exploser dans le milieu de l'humour?

Une publication Facebook relance le débat

Publié le par Monde de Stars dans Nouvelles
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Après les scandales sexuels qui ont éclaboussé le monde de l'humour et de la télévision au Québec, il semblerait que ce ne soit pas terminé. C'est en tout cas ce que laisse entendre l'humoriste Jérémie Larouche qui a fait une publication Facebook laissant entendre que des humoristes toujours en action continuent de faire du harcèlement sexuel.

Voici la publication que l'humoriste Jérémie Larouche a faite sur sa page Facebook, mercredi:

« L'humour c'est pas toujours drôle. Aucun milieu de travail n'y fait exception, il y a encore des harceleurs partout.

Tout comme on pense que les inondations sont finies parce que les nouvelles ont changé de sujet, le mouvement #metoo est loiiiin d'être terminé. La reconstruction ne fait que commencer.

J'ai appris hier que j'ai des collègues harceleurs. Des amis. des gens avec qui j'ai fait des shows... de la route... avec qui j'ai partagé plein de moments. J'me sens trahi, naïf.

Je sais que statistiquement, on a tous inévitablement dans nos connaissances un prédateur qui ne gère pas son sexe. Et, surtout, qui ne comprend pas que ce qu'il fait est agressif.

Je m'excuse de ne pas avoir considéré que le problème était d'une telle ampleur.

Mais j'espère toujours pour le mieux.

Il commence à y avoir des spectatrices qui parlent à des humoristes et leurs disent que "un tel n'a pas été fin", "un tel est reparti avec moi après le show pis ça s'est pas bien fini", "un tel me texte sans arrêt, tu le connais, peux-tu lui dire d'arrêter j'ai peur..."

Si on ajoute ça aux femmes en humour qui ont déjà eu des épisodes désagréables avec un collègue... ça commence à être lourd.

Ça commence à être lourd d'entendre encore : "ça va me nuire si je parle". "m'a encore passer pour la chiâleuse".

Mais ça change. Les femmes s'organisent.

De ce que j'ai compris, elles ont une liste de gars pas cool et les regroupent par « sévices »...

Exemple : harceleur par texte, agressif, violent, dickpics non sollicités, agresseur, propos déplacés, misogynie, menaces...

Pour différentes raisons des noms reviennent plus que d’autres... on m'a dit des noms. Et je les connais tous.

Je ne sais pas ce qu’ils ont fait. Je sais seulement que leurs noms reviennent souvent.

Je ne suis pas témoin. Je n'ai aucune preuve à exposer. Je ne peux pas les dénoncer. Ce n'est pas mon combat.

Entre autre parce que si une file a décidé de passer par-dessus, je risquerais de la replonger dans quelque chose qu'elle a peut-être déjà surmonté.

Alors on fait quoi? J'espère toujours pour le mieux.

Je sais vous êtes qui les gars. Ça me donne au moins le pouvoir de vous éviter. Ça me donne le pouvoir de ne plus jamais vous pluguer sur un projet, sur un show, sur un corpo.

Ça fera toujours bin ça.

Quoi d'autre?

Parler.

Comme victime, on peut écrire aux agents des artistes harceleurs pour faire une plainte.

Écrire pour dénoncer à l'APIH (Association des Professionnels de l'Industrie de l'Humour), écrire pour dénoncer à l'UDA (Union Des Artistes).

Bon, évidemment aussi la police...

Quoi d'autre si je ne suis pas victime mais je veux aider?

Être attentif.

Dire : "Les filles je vous crois. Anytime vous décidez de sortir publiquement je serai derrière vous. Faites-moi signe."

Et surtout, te dire à toi qui lis ça, que tu peux faire une différence.

#timesup2 arrive. Et ce ne sera pas les femmes ensemble contre des gens... mais la société ensemble contre des gens... avec les femmes comme locomotive.

Je suis père de 2 filles et aujourd'hui j'ai des exemples de trou de cul et des exemples de modèles fortes.

J'espèrerai toujours pour le mieux.

- Jé

Ps: ne m'écrivez pas pour avoir les noms. C'est pas ça le but, je ne nommerai personne.

PS2: j'ai écris ça masculin/agresseur et féminin/victime parce que c'est ça pour la majorité des cas mais on s'entend que la relation d'agression/victime peut se faire dans n'importe quel genre. »

En quelques heures, sa publication a récolté plusieurs centaines de réactions, en plus de générer de très nombreux commentaires. En voici d'ailleurs quelques uns que l'on a spécialement sélectionnés pour vous:

« Moi aussi je connais des agresseurs car on s’est confié à moi. Des gens que vous connaissez, que vous admirez. Des gens qui remportent des prix. 
Mais je ne suis pas témoin, je n’ai pas de preuve à exposer et je ne peux pas les dénoncer.
Je trouve ça infiniment difficile et inconfortable. Imaginez les victimes. Merci de tout cœur Jérémie pour cette prise de position. »

« Merci pour ça. J’habite Montréal et même dans un quartier considéré ‘’safe’’ comme Villeray, il m’est arrivé un épisode d’harcèlement. 
De plus, je suis homosexuelle. Si tu savais le nombre d’hommes qui m’arrêtent dans la rue juste pour me dire que ‘’j’ai juste pas trouvé le bon’’. Méchant problème d’éducation qu’il y a eu parmi les hommes de cette génération. »

« On comprend la difficulté de dénoncer -et comme vous dites, ne serait-ce que pour ne pas imposer aux victimes de ressasser de pénibles expériences. 
On comprend la difficulté de dénoncer; lorsqu’on a rien vu. Concrètement. Que des ouï-dire.
On comprend que ça n’est pas le but ultime de la publication.

Mais s’entend-t-on pour dire que de ne pas dénoncer est une pièce manquante majeure de ce complexe fléau?! 
Comprend-t-on qu’ils savent se “faufiler” à travers les preuves, les évidences ces prédateurs? 
Et qu’ils continuent d’agir en pleine impunité...

Merci pour votre message. »

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Source: Facebook
Crédit Photo: Facebook