Sophie Prégent s'ouvre avec beaucoup de franchise sur le quotidien de son fils autiste

Un témoignage bouleversant

Publié le par Monde de Stars dans Nouvelles
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On commence de plus en plus à comprendre, à parler et à accepter les personnes atteintes d'un trouble du spectre de l'autisme, dans notre société. Mais il reste du chemin à faire! L'autisme était le thème central de la soirée sur les ondes de Télé-Québec, mercredi, alors qu'on a présenté coup sur coup le documentaire Apprenti autiste, de Louis T, puis une table ronde avec trois mères d'enfants autistes: Patricia Paquin, Guylaine Guay et Sophie Prégent. C'est durant l'émission Les Francs Tireurs que Richard Martineau a animé une discussion très éclairante dans laquelle les trois mamans ont dévoilé une partie de leur quotidien.

Le témoignage de Sophie Prégent a été tout particulièrement bouleversant, elle dont le fils Mathis est atteint d'une forme très avancée d'autisme. Voici quelques extraits de ce qu'elle a raconté dans cette entrevue que l'on vous suggère fortement de regarder en intégralité sur le site de Télé-Québec.

« Moi je pense qu'à chaque fois qu'il arrive une nouvelle étape, t'arrives au Cégep, tu passes de maternelle à première, de secondaire 5 à Cégep, l'université...moi je fais des petits deuils constants. Çe ne m'empêche pas de vivre et ça ne m'empêche pas de voir ses évolutions. Il est atteint mon gars. Je ne veux pas faire d'illusion à personne...moi je l'accompagne encore à la toilette, mon fils. Il est à quelque part entre trois ans et quatre ans...mais à 6 pieds 4. 

Il fera peut-être jamais l'amour. On vit de rapports avec les autres. Si son syndrome ça l'empêche de rentrer en contact avec les autres...Mais encore là je compare mon fils avec ce que je suis. Tu ne peux pas faire ça avec un enfant autiste. Il ne faut pas que je compare mon fils avec ce que je suis parce que je vais trouver sa vie lamentable. »

« Moi quand j'écoutais le film Rainman et qu'on me disait: ah oui, ton fils il est comme dans Rainman, il y avait quelque chose de poétique là-dedans. F*ck off. C'est pas poétique, ok? Mon quotidien n'est pas poétique. Je vis avec constamment. Il n'est pas autiste quatre heures par jour. Si j'en parle des fois, c'est la pointe de l'iceberg dont je vous parle. Si vous saviez ce que je vis et que je ne vous conte pas parce que ça ne se conte pas. »

« Quelqu'un m'a dit - tsé, mon fils ne sera jamais autonome et il était tout jeune, parce que j'avais dit dans une entrevue que mon fils n'irait jamais à l'université - qu'il ne fallait pas que je dise ça parce que je dénigre. Non, je ne le dénigre pas, je vis avec lui à tous les jours et je connais ses limites. Et j'ai accepté ses limites. Dans la vie, il y a l'autoroute et il y a la voie de service. Mon fils il ne prendra jamais l'autoroute. Et ça ne veut pas dire qu'il ne sera pas heureux. »

« C'est anxiogène de s'imaginer deux instants qu'on ne sera plus là. Qui va l'aimer? Moi là, je vieillis. Il y a une fatigue en moi qui s'installe et là tout d'un coup ton enfant tu ne sais plus quoi faire avec. Je me sens plus vieille et je me sens plus épuisée. Il est rendu à 17 ans et ce n'est pas fini. C'est très angoissant. »

« Je suis peut-être une éternelle optimiste mais il y a un cheminement dans la société. On en parle plus, on sensibilise mieux les gens et moi je pense qu'à un moment donné, on va accepter volontiers que dans une société il y a des gens plus fragiles et il y a des gens plus forts et ça prend les gens plus forts pour aider les gens fragiles. Il y a quelque chose à assumer collectivement. »

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Source: Les Francs Tireurs
Crédit Photo: Instagram