Manal Drissi reçoit des insultes misogynes et racistes suite à la publication de son opinion

Quand les internautes dérapent

Publié le par Monde de Stars dans Nouvelles
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Repêchée pour la saison estivale 2018 des Échangistes, Manal s'est fait connaître par ses textes rafraîchissants aux opinions d'une pertinence redoutable, partagés allègrement sur les réseaux sociaux. Fidèle collaboratrice à la radio sur les ondes d'ICI Première, elle a été accueillie avec bonheur au petit écran.

Ce dimanche, Manal a atteint une limite. Chaque fois qu'elle partage une opinion ou un statut sur Facebook, les réactions ne se font pas attendre, qu'elles soient positives ou négatives. Malheureusement, les négatives sont souvent très intenses. Elle reçoit toutes sortes d'insultes et de photos horribles en message privé.

Elle écrit:«Prise 3

Ça va top shape ce matin, mais hier, j’ai atteint une limite et je veux en parler. 

Dans la même semaine, en parallèle de plusieurs discussions civilisées même dans le désaccord, j’ai aussi reçu des messages et des images dégueulasses en privé, je me suis fait traiter de salope, je me suis fait harceler par des appels Messenger d’inconnus à toute heure du jour et de la nuit, je me suis fait mansplainer la culture dans laquelle j’ai grandi, on s’en est pris à mon propos en me disant de retourner dans mon pays, en me demandant « t’as quel âge, anyway », on s’en est pris à mon intelligence, j’ai été un running gag sur un site web, j’ai regardé des femmes que j’aime exposer, en dernier recours, leurs agressions sexuelles pour expliquer comment le cerveau et le corps « copent » avec le traumatisme et faire rire d’elles par des trolls, j’ai vu une collègue dénonçant du racisme à son endroit se faire dire qu’elle devait sa carrière à la couleur de sa peau, j’ai dit des dizaines et des dizaines de fois à des personnes qui s’acharnaient de quitter ma page, etc., etc., etc. et évidemment tout ça était en parallèle de « la vraie vie », qui ne manque pas de me tenir occupée. 

Welcome to the internet, me diras-tu. 

I know. 

Ma carrière est née sur internet. Je défends la beauté des réseaux sociaux et j'y crois vraiment. Je suis de celles qui ont prouvé qu’il était possible d’avoir des échanges respectueux même quand on était en désaccord. Il s’en est discuté, des affaires sur ma page, en quatre ans. Et on se rappellera que c'est ici, grâce à vous, que j'ai amassé 12 000 dollars pour une famille de personnes réfugiées. 

Il y a quelques semaines ou mois, je sais pus, j’ai décidé de vider ma block list et de ne plus bloquer personne. Pour deux raisons :

1- Quand j’en suis à bloquer la personne, le mal est fait.

2- Ce n’est absolument pas normal que je doive rendre impossible la communication pour qu’un individu comprenne « STOP ».

C’est pas normal que j’aie déjà eu une liste de plus d’une centaine de noms bloqués, dont la VASTE majorité était des hommes qui n’ont pas voulu arrêter, après BEAUCOUP d’avertissements. Alors j’ai décidé de laisser quiconque refuse d’arrêter exposer son insistance à l’infini. Tu veux commenter en rafale sous tous mes posts en appelant ça de la liberté d’expression, troller, refuser de comprendre une demande polie de quitter, go. 

Je te bloquerai pas. 

Mais ça se peut que je t’expose.

Ça se peut que, comme hier, ça devienne too much et que je partage ton profil sur ma page pour dire : VAS-Y, PRENDS-LA MA TRIBUNE, PASSE-LE TON MESSAGE.  Je l’ai vite regretté, évidemment, parce que je veux pas jouer ce jeu-là et que le dude en question était un classic case of « je fais rien de mal à part ignorer tes multiples demandes polies de cesser, à part commenter 20 fois de suite pour dire la même affaire au nom de la liberté d’expression, à part pousser le bouchon sur un sujet extrêmement sensible quand on me dit que c’est trop ». 

Bref, j’ai partagé son profil pour qu’il arrête, puis j’ai regretté et j’ai tout effacé, puis j’ai regretté d’avoir regretté.

C’est vrai que de tous les trucs que je me suis pris en pleine gueule cette semaine, c’était pas lui qui méritait le plus de se faire exposer. Mais un moment donné, we have to fight back. On ne peut pas toujours être « the bigger person » (tadumtsi) et accepter que des trolls et des cons poussent nos limites jusqu’au breaking point.

J’ai vu ce comportement insistant et/ou agressif en ligne prendre à la gorge trop de femmes, qui ont simplement décidé de s’effacer des réseaux sociaux peu à peu. 

Je refuse de débattre moins. Je refuse de m’effacer. Mais je refuse que mon seul recours soit d’appuyer sur un bouton et d’attendre le prochain connard à bloquer. 

Ici aussi, c'est la vraie vie. 

I’ll expose you. 

I’ll fight back. 

All the women in me are tired, but also fierce as fuck. 

Bon dimanche la gang.»

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Source: FB Manal Drissi · Crédit Photo: Radio-Canada