Anick Lemay vit un terrible deuil d'où émane un texte magnifique

Un texte magnifique, tellement doux...

Publié le par Monde de Stars dans Nouvelles

La comédienne Anick Lemay a complètement bouleversé le coeur du public québécois depuis quelques mois, elle qui raconte sans détour toutes les épreuves à travers lesquelles elle passe depuis qu'elle a été diagnostiquée du cancer. Samedi, elle a publié un tout nouveau texte, disponible sur le site d'Urbania, et on doit dire qu'on avait franchement hâte d'avoir de ses nouvelles.

Malheureusement, maintenant que le cancer s'est calmé, une nouvelle mauvaise nouvelle a fait son apparition. La belle comédienne vient de perdre sa grand-mère et elle partage de doux souvenirs avec le public, à travers un texte riche en émotions.

En voici quelques extraits:

«Quand tu arrives en haut de la côte, tu vois la maison de mes grands-parents au creux de la colline verdoyante, blanche comme un nuage de beau temps ou pleine de couleurs, selon la saison. Pis ça sent bon là, t’as pas idée. Un mélange de champignons, de mousse, de fleurs et de vert. Chaque fois que j’arrive en haut de la côte, ça sent la même affaire et dans mon cœur, ça goûte pareil. De la joie pure. Une excitation enfantine. Le goût rassurant d’un passé heureux.

Ce passé, il a pris cent-un ans et demi à se bâtir. Ce passé aux odeurs de bonheur et de cœurs de poulet en sauce porte un nom : Rollande. Pis Rollande, ça s’adonne à être ma grand-mère. Je suis la fille la plus chanceuse du monde.

(...)

Grand-mère avait un immense jardin, un champ de patates et un autre de maïs. Elle n’arrêtait jamais. Comme elle ne buvait pas d’eau.

« L’eau ça fait rouiller, pis je dormirai à côté du Bon Dieu! »»

«Les jambes bien droites, le corps penché par en avant, pliée en deux comme si rien n’était, elle cueillait ses patates sans jamais avoir fait de yoga. Elle pouvait revenir du bois par la clairière à moitié nue parce qu’elle avait trouvé trop de « talles » de bleuets ou de fraises des champs et que, pour s’en rappeler, elle suspendait aux arbres ce qu’elle avait sur le dos… Mon Grand-Père était fou d’elle, tu comprends ben.

Pas très grande, 5’2 ou 3 je dirais, cheveux noirs et yeux bleu azur, elle avait le rose aux joues naturel. Un jour, elle est sortie du bois, la hache à la main et son tablier tout ensanglanté… Grand-père mettait des pièges à ratons près du champ de maïs pour protéger sa récolte. Mais au lieu d’assommer la bête avec le plat de la hache comme il le faisait, elle, elle l’a achevé. Avec le tranchant, pour pas qu’il souffre… Elle avait le cœur immense et peur de rien.»

(...)

«Même au seuil de la mort, Grand-Mère, tu es restée semblable à tes phlox : vivace avec cette odeur bien à toi de savon de pays. Le mien. Grâce à toi. Bon voyage, Grand-Mère. Je t’aime. Mes vacances sont finies. J’embarque dans mon dernier tiers : la radiothérapie. J’ai eu ma journée de « planification » la semaine passée. On m’a moulée, tatouée et scannée. On en a pour cinq semaines, cinq jours/semaine. P’tite job pépère. Embarques-tu? Ça va être moins « rough » que ce qu’on a traversé, cet été. Je te le jure…»

Pour le texte intégral, c'est ici.

Source: Urbania · Crédit Photo: FB Philippe Bond